Tout a commencé à Sciences Po Paris. Pendant mes études en économie quantitative, j’étais fasciné par une question simple : pourquoi certaines régions s’enrichissent tandis que d’autres stagnent ? Les graphiques dans les manuels montraient des courbes, mais ils ne racontaient pas l’histoire réelle des villes qui périclitaient et de Paris qui absorbait les talents.
Après ma licence, j’ai décidé de poursuivre en doctorat à Lyon — délibérément, pour comprendre de l’intérieur une région en transformation. C’est au laboratoire CERDI que j’ai vraiment compris l’enjeu. On ne parlait pas d’abstraction économique, mais de vies concrètes : les entreprises qui ferment, les jeunes qui partent, les collectivités locales qui se battent avec des budgets limités.
Mon premier projet important, c’était de mesurer le PIB par habitant dans les régions défavorisées — particulièrement le sud du Massif central et la Nouvelle-Aquitaine. Pas pour publier des chiffres, mais pour comprendre les mécanismes. Pourquoi la productivité s’effondrait dans certains secteurs. Pourquoi les écarts nord-sud persistaient malgré les investissements publics. Les données ne mentaient pas : il fallait regarder bien au-delà des statistiques nationales.
À la DATAR — aujourd’hui l’ANCT — j’ai coordonné l’évaluation des contrats de plan État-région. Là, j’ai vu comment les politiques de cohésion fonctionnaient réellement sur le terrain. Pas toujours comme prévu. Parfois brillamment. Souvent avec des résultats mitigés. C’est cette honnêteté intellectuelle que je voulais apporter à mon travail : montrer ce qui marche, reconnaître ce qui ne fonctionne pas.
Depuis 2019 chez Régions Convergence SARL, je continue cette mission. Mais maintenant, c’est davantage sur la question cruciale : la convergence territoriale s’accélère-t-elle ou stagne-t-elle ? Les données récentes sont ambiguës. Et c’est précisément ce qui me motive.